Ce qu’un compresseur audio fait vraiment
Un compresseur réduit automatiquement le volume des passages les plus forts d’un signal audio, pour resserrer l’écart entre les moments calmes et les moments intenses d’un morceau. Sur une webradio, il a deux rôles : uniformiser le volume perçu entre des morceaux enregistrés à des niveaux très différents, et protéger le flux contre les pics qui pourraient saturer au moment de l’encodage. Le principe général de la compression dynamique est détaillé sur la page Wikipédia consacrée au sujet, si tu veux creuser la théorie.
Le piège classique : trop compresser pour paraître « fort » écrase la dynamique du morceau et fatigue l’auditeur sur la durée. L’objectif d’une bonne chaîne de traitement n’est donc pas de compresser au maximum, mais de trouver l’équilibre entre présence sonore et respiration musicale.
Attack, ratio, threshold, gain, release : les réglages
Ces cinq paramètres se règlent toujours ensemble — modifier l’un sans ajuster les autres donne rarement un bon résultat. Voici une base de départ solide pour une programmation généraliste (pop, disco, funk, variété) :
| Paramètre | Rôle | Valeur de départ |
|---|---|---|
| Threshold | Niveau à partir duquel la compression se déclenche | -18 à -20 dB |
| Ratio | Intensité de la réduction appliquée au-delà du seuil | 2:1 à 3:1 |
| Attack | Vitesse de réaction du compresseur face à un pic | 10 à 25 ms |
| Release | Vitesse à laquelle le compresseur relâche sa prise | 150 à 250 ms |
| Gain (makeup) | Compense le volume perdu par la compression | 4 à 8 dB |
Erreur fréquente : un release réglé sur plusieurs secondes (comme 3000 ms) fait que le compresseur reste « collé » bien après chaque pic, ce qui aplatit tout le rythme du morceau au lieu de le dynamiser. C’est souvent la première cause d’un son mou sur une webradio, avant même le choix du ratio.
Pour un son plus punchy
Rapproche l’attack et le release des bornes basses (attack ~10ms, release ~150-180ms), et descends le threshold vers -25/-26 dB pour compresser davantage de matière. Le ratio peut monter à 4:1.
Pour un son dynamique mais sans saturation
Fais l’inverse : remonte le threshold vers -18/-20 dB pour ne compresser que les pics, garde un ratio doux (2:1 à 2.5:1), et surtout baisse le volume général de la chaîne pour conserver une marge de sécurité (headroom) avant l’encodage.
Le gain automatique (AGC) : léger, moyen ou fort ?
L’AGC (Automatic Gain Control) travaille en amont du compresseur : il lisse les écarts de niveau entre les morceaux, pas à l’intérieur d’un même titre.
| Niveau | Plage de correction | Effet |
|---|---|---|
| Léger | ±3 à 6 dB | Corrige juste les écarts de mastering, dynamique préservée |
| Moyen | ±6 à 10 dB | Bon compromis pour une programmation variée |
| Fort | ±10 à 15 dB et plus | Son très constant, mais dynamique fortement réduite |
Pour une programmation mêlant des morceaux calmes (slow, ballades) et des titres plus denses (disco, funk), un AGC léger à moyen évite de « gonfler » artificiellement les passages les plus doux.
Égaliseur 10 bandes : compléter sans surcharger
Chaque dB ajouté sur l’égaliseur augmente le niveau du signal avant qu’il n’atteigne le compresseur — un EQ trop poussé peut donc, à lui seul, provoquer de la saturation en cascade. Reste modéré : quelques dB de coupe dans les graves profonds (32-63 Hz) pour éviter la boue, et un léger boost dans les médiums aigus (1k-2k) pour la clarté et la présence, suffisent dans la grande majorité des cas.
Éviter la saturation : les vraies causes
Contrairement à une idée reçue, la saturation ne vient pas seulement du compresseur. Trois réglages sont souvent en cause :
- Le volume général trop élevé — s’il est proche de 100, il ne reste plus de marge avant l’encodage
- L’absence de limiteur final en bout de chaîne, qui devrait absorber les pics imprévus sans les couper brutalement
- Un AGC trop agressif, qui pousse en continu le niveau moyen vers le haut et grignote la marge de sécurité
La référence loudness pour le streaming
Au-delà des réglages du compresseur, la vraie référence professionnelle pour le streaming et la diffusion est la norme EBU R128, qui recommande une normalisation autour de -23 LUFS pour la diffusion broadcast — les plateformes de streaming grand public (Spotify, YouTube) utilisent des cibles un peu différentes, généralement autour de -14 à -16 LUFS. Viser une cohérence de niveau sur cette échelle, plutôt que de pousser le volume au maximum, évite les écarts brutaux entre les morceaux et les jingles.
Chaîne de traitement recommandée
Questions fréquentes
Pourquoi mon flux RadioDJ sonne-t-il « mou » malgré un compresseur actif ?
C’est presque toujours un release trop long (au-delà de 500ms-1s) qui en est la cause : le compresseur reste actif trop longtemps après chaque pic et écrase le rythme du morceau.
Faut-il utiliser un preset ou des valeurs personnalisées ?
Les presets (comme « Fort – Commercial ») sont pensés pour un rendu très compressé, adapté à des radios généralistes très denses. Pour une programmation plus nuancée (années 80, chill, slow), des valeurs personnalisées plus douces donnent généralement un rendu plus naturel.
Le Stereo Enhancer peut-il causer de la saturation ?
Oui, s’il est poussé trop fort : la sommation des canaux gauche/droite peut dépasser 0 dB même si chaque canal semble correct pris séparément. Reste autour de 8-10 sur ce paramètre.
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